© copyright Paul Klee
Paul Klee, (prononcer « Klé »), est un peintre suisse et allemand né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee, près de Berne et mort le 29 juin 1940 dans un hôpital de Muralto dans le canton du Tessin.lL commence ses études de peinture à Munich, d'abord dans l'atelier particulier de Knirr, puis à l'Académie, sous la direction de Franz von Stuck. En 1900, il s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Munich où il côtoie Vassily Kandinsky. Il passe l'hiver 1901-1902 en Italie et visite Rome, Naples, Florence. Il se laisse prendre par le charme de l'architecture de la Renaissance, de Michel-Ange et des premiers maîtres du Quattrocento. Quelques voyages occasionnels le conduisent à Munich, où il découvre en 1904, Aubrey Beardsley, William Blake, Francisco Goya, James Ensor, puis à Paris en 1905.
À l'exposition de Munich, il fait la connaissance des œuvres de Vincent van Gogh et de Paul Cézanne. Il y expose ses premières eaux-fortes. Pendant l'hiver 1911, il se rapproche du groupe des peintres du Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), il y retrouve Kandinsky et se lie d'amitié avec Franz Marc, August Macke et Alexej von Jawlensky. Il participe à plusieurs expositions de ce groupe. En avril 1912, il rencontre Robert Delaunay, dans son atelier parisien et découvre les œuvres de Henri Rousseau, Picasso et Georges Braque. Il achève des illustrations pour le « Candide » de Voltaire.
Après un bref voyage en 1914 en Tunisie, il déclara « La peinture et moi ne faisons plus qu'un ». C'est à ce moment-là qu'il décide de devenir peintre.Il se définit comme un « peintre-poète ».Son catalogue compte plus de neuf mille titres. Sa réflexion sur l'art évoque, par son ampleur, celle de Léonard de Vinci. Ainsi, Klee reste l'une des personnalités déterminantes du XXe siècle, référence irrécusable de la pensée esthétique actuelle. Les titres de ses tableaux témoignent de cette amplitude poétique: Carillon de la lune d'argent, Doux paysages des tropiques, Paillasse en tranches, Exercice en bleu et orange, Croissance des plantes nocturnes. Toujours la réalité visible est dépassée. Sa peinture rejoint aussi la musique. Des signes et écritures marquant ainsi son goût pour l'Orient.
L'écriture intervient constamment dans ses tableaux. En 1914, Klee séjourne en Tunisie avec August Macke et Louis Moilliet. Ce voyage témoigne de recherches identiques à celles de Robert Delaunay. La démarche décorative, longtemps limitée aux expressions mineures dans la culture occidentale, se confond dans le monde islamique avec l'art tout entier. C'est bien cette harmonie que recherche la peinture de Klee, de Macke et de Delaunay. Le « motif » disparaît au profit d'une perception synthétique, ici plus abstraite encore. Préparant la structure en carrés de son œuvre future, Klee « s'attaque », selon ses propres termes, « à la synthèse architecture urbaine-architecture du tableau ». À Kairouan, il note dans son Journal : « La couleur me possède […] Je suis peintre. » (Journal 9 260) 1. Voilà que s'élabore ce que pressentait Macke dans l'Almanach du Blaue Reiter (1911) : la fusion de l'Europe et de l'Orient, dans ce « troisième style » qui caractérise en effet bien des œuvres de la modernité. Natif de Constantine, cette ville qu'il dit « vieille comme Jugurtha, construite avec des rochers, des ravins, des nids d'aigle et des cactus ».L'orientalisme semble ainsi, plus qu'une fantaisie, une véritable « obsession », selon le mot de l'historien d'art J. Sweetman.
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